24.11.2009

PAS NOUVEAU: Mars goûts chien, chat, rat, singe /NOT NEW:Mars flavours dog, cat, monkey, rat and other tastes

MarsKiller.jpg
http://marscandykills.com/#null
marsKillers.pdf

Étant très impliquée dans les associations de défense animale, environnementale et autres causes éthiques, je suis invitée aujourd'hui par PETA à envoyer une pétition contre la vivisection/ les tests cruels sur animaux, à ma grande surprise, au groupe MARS...

On a tous encore en tête les tests de maquillage effectués sur les animaux dans des tortures insoutenables et inexcusables aujourd'hui, compte tenu des progrès techniques qui permettent de procéder à ce genre d'expérience sur de la peau similaire à celle humaine recrée en laboratoire. Mais qui penserait que des atrocités similaires seraient perpétrées par un Papa gâteau appelé Mars jusqu'à "faire péter la sous-ventrière" de nos "puppies" et autres meilleurs amis de l'homme à coup de barres chocolatées et de bonbons ?

Sur toutes les lèvres se lit encore le sang rouge des baleines ou des phoques utilisés à titre de graisse bon marché pour rouges à lèvres, ou les mannequins lapins et chatons jetables à usage unique pour mousse à raser et autres crèmes dépilatoires.
Sans compter les gentes canine ou primate qui passent jusqu'à épuisement de leur stock pileux au labo de coiffure des Docteurs Hyde pour essayer les dernières colorations en vogue, shampoing et autres produits esthétiques aux pouvoirs corrosif, urticant, allergène, toxique, brûlant voir mortel avant mise sur le marché humain.
En revanche, qui se douterait qu'un Mars ou un bonbon, ne nécessitant aucun test sur animaux d'un point de vue légal, se soumettrait volontairement -sans doute par soucis d'éthique - à pré tester la nocivité de leurs produits en gavant et écorchant vivant des animaux pour observer leur digestion avant de les tuer après ces séances sadiques d'études. Au menu au choix: Artères de rats gavés aux ingrédients chocolatés et saignés à vif; souris fourrées aux bonbons et jetées vivantes pour une baignade en piscine remplie de peinture blanche et d'eau, animaux cacaotés et passés au dioxyde de carbone avant un pontage cardiaque fatal digne des médecins de Molière.

Et pourtant les plus grands concurrents du groupe Mars se sont prononcés contre de telles exactions sur les animaux et cherchent des alternatives plus éthiques après avoir écouté et entendu les arguments de l'association PETA.
(source Peta et http://marscandykills.com/#null)
http://marscandykills.com/#null

JL

10.11.2009

Le choc des valeurs: once d'or contre once d'humanité / Entreprises et question d'Ethique /

logoForumAlliesDEF.jpg

D'après Les sources des Amis de la Terre /FOE, grande ONG Internationale:

TOTAL
Le plus gros projet pétrolier du monde est aussi le plus dangereux (Kazakhstan)


Total et 6 autres compagnies pétrolières parmi les plus puissantes au
monde sont associées depuis le début des années 2000 pour
l'exploitation d'un gisement de pétrole au Kazakhstan, dans le nord de
la mer Caspienne. Ce gisement, baptisé Kashagan, est considéré comme
la plus grosse découverte pétrolière au monde depuis 1968. Prévu pour
produire jusqu'à 1,5 million de barils par jour à l'horizon 2020, il
ferait du Kazakhstan, pays très corrompu dirigé d'une main de fer par
le très autoritaire Noursoultan Nazarbaïev depuis la chute de
l'ex-URSS, un des premiers producteurs de brut au monde.

Le développement et l'exploitation de ce gisement s'avèrent pourtant
extrêmement problématiques. D'énormes contraintes géographiques,
climatiques et géologiques expliquent en effet un budget prévisionnel
de 136 milliards de dollars, soit le projet le plus cher jamais
financé. Des experts commencent même à s'interroger sur sa faisabilité
réelle, vu ses contraintes techniques colossales, ses retards
incessants et ses coûts en dérive constante. Le pétrole jaillit en
effet de plus de 5000 mètres sous la surface à une température de plus
de 100 degrés et à une pression qui peut atteindre les 1000 bars, soit
autant de fois la pression atmosphérique. Le pétrole de cette zone est
également fortement pollué par des gaz toxiques, dont les mercaptans,
qui peuvent être mortels à de très petites concentrations et dont des
émanations accidentelles pourraient tuer des milliers de personnes en
quelques heures. Son taux de soufre très élevé (jusqu'à 20 %) pose
également de graves menaces de pollution : le traitement du soufre
n'est pas encore prévu, et les conditions atmosphériques locales
pourraient entraîner des pluies acides sur la région Caspienne et
jusqu'à l'Europe.



La solution choisie pour l'exportation du pétrole, enfin, est
extrêmement préoccupante : il serait transporté par des bateaux
spécialement conçus à cette fin à travers la mer Caspienne jusqu'au
départ de l'oléoduc BTC en Azerbaïdjan : une marée noire aurait des
conséquences catastrophiques pour les écosystèmes de cette mer fermée
et les populations côtières des pays avoisinants (Russie, Iran,
Kazakhstan, Turkménistan et Azerbaïdjan).

Une mission des Amis de la Terre et d'autres ONG sur place en
septembre 2007 avait permis de récolter des témoignages alarmants de
la part des autorités et des communautés locales, des scientifiques et
de la société civile, attribués au développement du projet Kashagan :
mortalité massive d'animaux, chute drastique des prises de poissons,
dégradation de l'état de santé des habitants...

Face à ces critiques, Total s'est toujours réfugié derrière son statut
de « simple » partenaire du projet, en avançant que seul l'entreprise
leader du consortium est responsable des impacts environnementaux et
sociaux du projet . La compagnie en est pourtant un des principaux
acteurs, et s'est d'ailleurs vu confier fin 2008 la direction du
consortium jusqu'en 2015. Elle investira au final dans Kashagan plus
de 20 milliards de dollars, autant d'argent qui ne sera pas utilisé
pour développer des solutions énergétiques beaucoup moins polluantes
et dangereuses sur le plan sanitaire.




Pour en savoir plus :

- Rapport de mission d'investigation par les ONG au Kazakhstan,
décembre 2007 :
www.amisdelaterre.org/Les-impacts-negatifs-du-projet,3638.html

- Les Echos, « Redistribution des cartes sur le champ géant de
Kashagan », 03/11/2008

BNP PARIBAS
Le financement d'un projet pétrolier et gazier qui menace les
dernières baleines grises occidentales du monde (Russie)

Le projet russe Sakhaline II est décrit par ses concepteurs comme le
plus grand projet pétrolier et gazier intégré au monde. Il comprend
trois plate-formes pétrolières et gazières off-shore et des oléoducs
et gazoducs sous-marins. Ces énergies fossiles seront ensuite
transportées sur terre à travers l'île sibérienne de Sakhaline, située
dans le Pacifique nord-occidental, par 800 km de tuyaux, débouchant
sur un des futurs plus grand terminal et usine d'exportation de
pétrole & gaz au monde, situés dans le sud de l'île. Le projet
pourrait coûter jusqu'à 22 milliards de dollars et implique des
entreprises russes, japonaises et occidentales, ainsi que des banques
et agences de crédit à l'exportation des mêmes régions, incluant BNP
Paribas.

Un des principaux problèmes environnementaux réside dans la présence
des dernières baleines grises du Pacifique occidental dans la zone
d'exploitation pétrolière, qui empiète sur la seule zone
d'alimentation estivale de ces mammifères. La présence des 120
derniers spécimens d'une population menacée d'extinction a d'ailleurs
fortement diminué à l'été 2008, concrétisant les inquiétudes des
associations écologistes. Les baleines sont ainsi confrontées aux
nuisances sonores de la construction, ainsi qu'aux risques de
collision, et de marée noire.

La construction des tuyaux sur l'île a également conduit à des dégâts
dans les rivières riches en saumons sauvages. Celle du terminal de
Prigorodnoye, notamment, a provoqué en 2005 le déversement des déchets
issus du creusement de la baie d'Aniva, perturbant gravement les
ressources halieutiques et l'écosystème local. Par ailleurs, le projet
ne prévoit toujours pas de mesures adéquates pour répondre au risque
de marée noire en conditions hivernales.

Malgré les déficiences constatées dans le développement de ce projet
et les vives protestations étayées des ONG, et alors que cette
population de baleines grises figure sur la liste rouge des espèces
menacées de l'UICN , BNP Paribas, une des plus grosses banques au
monde, a participé en juin 2008, en toute connaissance de cause, au
financement de ce projet pour un montant de 82 millions d'euros.


Pour en savoir plus :



- Site « Secrets bancaires » : http://www.secretsbancaires.fr

- France Info, chronique de Nathalie Fontrel : La baleine et le pétrole



- RFI, le quotidien de la mer : Urgence, menace sur les baleines grises



- Page dodgy deals de BankTrack (en anglais) : Sakhalin II oil and gas project

SOCIETE GENERALE
Le financement des destructions minières par Vedanta Resources (Inde)

Vedanta Resources est une multinationale minière anglaise qui produit
de l'aluminium, du cuivre, du plomb et du zinc. Elle a débuté
l'exploitation de mines de bauxite au pied des montagnes de Niyamgiri,
en Inde, près de la ville de Lanjigarh (Etat d'Orissa). La compagnie a
illégalement exploité des hectares de forêt en les rasant.

La forêt dense des montagnes de Niyamgiri est un des « points chauds »
de biodiversité les plus importants de l'est de l'Inde. La zone a été
proposée comme sanctuaire de vie sauvage par le Ministère de
l'Environnement indien et a été désigné comme réserve d'éléphants par
l'Etat d'Orissa dès 2004. La forêt abrite plus de 300 espèces de
plantes et d'arbres, dont 50 espèces de plantes médicinales au moins.
Elle héberge enfin des espèces animales protégées par la section 18 de
la loi indienne sur la vie sauvage : léopard, tigre, éléphant,
pangolin, gecko doré, etc.

Suite à cette coupe à blanc, une usine d'aluminium a été construite
par Vedanta Resources sans l'autorisation nécessaire. Son but est de
traiter la bauxite des montagnes environnantes. L’usine pollue la
rivière Vanshadhara et la nappe phréatique. La Cour Suprême indienne a
déjà condamné Vedanta pour les conséquences de la mine de bauxite sur
les populations indigènes.

Ce n'est de loin pas la première fois que Vedanta Resources est
critiquée pour sa gestion environnementale. Elle a déjà été condamnée
en 2004 pour le rejet de déchets toxiques de l’usine de cuivre de
Tuticorin dans le Tamil Nadu, en Inde du Sud. Un groupe de travail de
la Cour suprême indienne a écrit en 2004 que la gestion des déchets
des usines de cuivre était un échec. Vedanta a également été critiquée
en Zambie à cause d'un rejet dans la mine de cuivre de Konkola. Le 6
novembre 2006, toute la région de Chingola avait dû faire face à une
crise de l'eau, suite à la contamination par Vedanta de la rivière de
Kafue.

Vedanta Resources a acquis une réputation internationale tellement
désastreuse que le fond de pension du gouvernement norvégien l'a
exclue de ses investissements, justifiant d'un « risque inacceptable
de complicité dans de graves dommages environnementaux présents et
futurs ».

Malgré ces éléments, dont la Société générale a été informée par des
ONG, la banque française a octroyé un financement spécifique à Vedanta
Resources d'un montant de 75 millions de dollars en août 2007. En
outre, elle détient ou gère pour compte de tiers des actions dans
l'entreprise pour un montant de 9,3 millions de dollars.


Pour en savoir plus :



- Appel urgent de Peuples Solidaires :
http://www.peuples-solidaires.org/article861.html



- Site « Secrets bancaires » : http://www.secretsbancaires.fr



- Pages dodgy deals de BankTrack (en anglais) : Bauxite mine Niyamgiri
Hills + Mining in Goa / Sesa Goa + Konkola Copper Mines



- Communiqué du fonds de pension du gouvernement norvégien sur
l'exclusion de Vedanta ressources (en anglais) : Vedanta Resources
excluded from Government Pension Fund

AREVA
Transport dangereux de combustible nucléaire MOX (France-Japon)


Le plutonium issu de la combustion dans les centrales nucléaires du
monde entier étant extrêmement radioactif, ce qui rend son traitement
quasi-impossible, l'industrie nucléaire a « inventé » et tenté de
développer depuis les années 1990 l'usage du MOX (pour « mélange
d'oxydes »). Il s'agit d'un mélange d'uranium naturel et de plutonium,
destiné à alimenter les réacteurs nucléaires prévus à cette fin. La
multinationale Areva s'est faite une spécialité de la préparation du
MOX qu'elle revend ensuite principalement à l'Allemagne, au Japon, au
Royaume-Uni ou à la France, où le mélange est produit dans l'usine de
Marcoule (Gard), après traitement du plutonium dans son autre usine de
la Hague, à 20 kilomètres de Cherbourg.

Début mars 2009, l'ONG Greenpeace a révélé qu'1,8 tonne de MOX, soit
le « plus important transport de plutonium de l'histoire » allait être
transportée en toute confidentialité et dans des conditions de
sécurité très critiquables. Par la route, le convoi est allé de la
Hague au port de Cherbourg, première étape de son acheminement
maritime par deux bateaux britanniques jusqu'au Japon à 20 000
kilomètres de distance, et après de multiples aller-et-retours par la
route entre la Normandie et le sud de la France.

Le transport d'une telle quantité de MOX est extrêmement inquiétant,
puisqu'elle permettrait de fabriquer l'équivalent de 225 bombes
nucléaires. Le MOX est d'ailleurs classé par l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) en catégorie 1, c'est-à-dire celle des
matières directement utilisables pour fabriquer des armes nucléaires ;
raison pour laquelle l'ONG a écrit au directeur de l'AIEA pour
protester contre la légèreté et l'absence de transparence avec
laquelle Areva transporte cette cargaison à très haut risque, sans
même en avertir certains Etats dont les eaux seront traversées par les
deux bateaux.

Transport d'autant plus critiquable qu'il est quasiment inutile. Pour
de multiples raisons techniques et financières, le MOX n'a en effet
jamais connu l'essor que l'industrie du nucléaire lui prévoyait et est
aujourd'hui tellement peu utilisé qu'il ne peut en aucun cas être
considéré comme une solution durable de valorisation des déchets
nucléaires radioactifs. Outre les questions de prolifération, la
chaîne de fabrication du MOX et son utilisation entraînent même
l'augmentation de la quantité des déchets hautement radioactifs sur
une période de temps très longue, du fait des transformations
nécessaires du produit, qui génèrent des déchets à chaque étape.
Malgré tout, Areva continue de promouvoir le MOX, dont il est le
premier producteur au monde avec 95 % du marché en 2008, et de lui
faire sillonner la France et le monde.


Pour en savoir plus :

- Le site de Greenpeace :
www.greenpeace.org/france/news/transport-de-mox-areva-persi

- Sur le MOX : http://fr.wikipedia.org/wiki/Combustible_MOX

EDF
« Changer d'énergie ensemble ».

Au printemps 2009, la multinationale française de production
d'électricité EDF a lancé une très grande campagne de communication de
plusieurs semaines, avec pour thème le slogan « Changer d'énergie
ensemble », qui est également le titre du rapport Développement
durable 2008 de l'entreprise. Cette campagne, extrêmement visible dans
les lieux publics et les médias nationaux, faisait appel à des
témoignages de particuliers, de salariés d'EDF et de personnalités
appréciées des Français, comme le nageur et champion du monde Alain
Bernard. Le but de cette campagne était d'essayer de convaincre le
grand public, et ses dizaines de millions de clients, que la
multinationale agissait concrètement et de façon importante pour
promouvoir des alternatives propres aux combustibles fossiles, ainsi
que des solutions au réchauffement climatique : économies d'énergie et
efficacité énergétique, éolien, hydraulique, etc.

La réalité est pourtant toute autre, et moins flatteuse pour
l'énergéticien français. Dans son rapport Développement durable 2008,
EDF affirme que les « énergéticiens sont confrontés à la nécessité de
changer de modèle » pour répondre aux défis environnementaux, sociaux
et économiques à venir. Mais on y lit aussi que le budget
effectivement consacré par EDF à la recherche et au développement
(R&D) des énergies renouvelables s'élevait en 2008 à 8,9 millions
d'euros, alors que le budget R&D total d'EDF la même année s'élevait à
421 millions d'euros. La part consacrée aux énergies renouvelables,
modèle énergétique de demain, représente donc 2,1% du total. Enfin,
selon le magazine Terra Eco, la campagne de publicité d'EDF « Changer
d'énergie ensemble » a coûté au total 10 millions d'euros pour sa
conception et sa diffusion...
.

Au-delà du vernis des discours, les chiffres sont donc cruels : EDF
consacre dans la réalité plus de moyens à communiquer sur ses
engagement dans les énergies renouvelables, qu'à faire de la recherche
sur ces dernières ! Un moyen peut-être pour l'énergéticien français de
tenter de faire oublier qu'il reste essentiellement producteur
d'électricité nucléaire. Une source d'énergie dangereuse pour la santé
et la paix dans le monde, non-renouvelable, productrice de quantités
énormes de déchets polluants dont le traitement n'est toujours pas
assuré, et qui, en nécessitant d'être couplée à la consommation
d'énergies fossiles polluantes pour produire l'électricité en période
de pointe, est très loin d'être neutre en terme d'impact climatique.


Pour en savoir plus :


- Terra Eco, « EDF plus voyant qu'éclairant » par Emmanuelle Walter,
29/06/2009 : www.terra-economica.info/EDF-plus-voyant-qu-eclairant,4981.html?var_recherche=edf
(accès payant)

- Rapport annuel Développement durable 2008 d'EDF :
www.edf.com/html/RA2008/index.html (cf. page 10)


FRANCE BETTERAVES
« Enfin une bonne nouvelle ! La France, premier producteur mondial de
bioéthanol de betterave ».


En décembre 2008, en pleine conférence des Nations unies sur le climat
à Poznan (Pologne), le lobby France Betteraves choisit de communiquer
abondamment dans la presse nationale et les lieux publics sur la «
performance » de la France, « premier producteur mondial de bioéthanol
de betterave », en mettant en avant des arguments écologiques et de
créations d'emplois.

Mais une analyse détaillée de ces derniers force à tirer un bilan
beaucoup plus sombre. Ainsi les « centaines de millions
d'investissements » sont largement des subventions publiques, venant
en aide au secteur betteravier après la refonte de la politique
sucrière de l'Union européenne, et payées par les contribuables. Les «
milliers d'emploi créés » ne sont en réalité que des emplois maintenus
dans la filière, l'administration française ayant elle-même conclu en
2005 que les effets sur l'emploi de la politique hexagonale en matière
d'agrocarburants étaient largement surestimés.

Les bénéfices environnementaux des agrocarburants sont également très
contestables : l'étude 2007 de l'organe scientifique de la Commission
européenne (JRC) fournit des résultats 30% moins bons que ceux avancés
par France Betteraves, et l'étude 2009 de l'Ademe fournit des
résultats pires encore L'argument pour le porte-monnaie des
consommateurs est également erroné : l'éthanol sous forme d'E85 (85%
d'éthanol, carburant pratiquement introuvable) est effectivement vendu
30% moins cher à la pompe, mais son rendement énergétique étant
d'environ 30 % inférieur à celui de l'essence (ce qui augmente
d'autant la consommation des véhicules), il n'a pas d'intérêt
économique pour le consommateur. L'éthanol mélangé à l'essence, lui, a
le même prix que le super.



Plus globalement, la filière de la betterave française est très
industrialisée, et fortement consommatrice du pétrole (engrais
chimiques, mécanisation, transport, transformations). Elle est très
loin d'un modèle agricole durable.Pour ces raisons, le Réseau Action
Climat France et les Amis de la Terre ont porté plainte début 2009
devant le Jury de déontologie publicitaire de l'Autorité de régulation
professionnelle de la publicité (ARPP), qui a majoritairement validé
les arguments des associations en reconnaissant des "manquements aux
recommandations "Développement durable" et "Arguments écologiques" de
l'ARPP".


Pour en savoir plus


- Communiqué de presse des Amis de la Terre, du Réseau Action Climat,
du WWF et d'OXFAM , en date du 12/12/2008 :
www.amisdelaterre.org/Publicite-sur-l-ethanol-France.html

- Communiqué de presse des mêmes associations et de la FNAUT, en date
du 25/03/2009 : www.rac-f.org/article.php3?id_article=1496


CREDIT AGRICOLE

Des actions dans une entreprise qui fournit la junte birmane en
matériel militaire


Le régime militaire qui oppresse la Birmanie depuis un demi-siècle en
toute illégalité a révélé son vrai visage à plusieurs reprises ces
dernières années. En 2007, les manifestations pro-démocratie des
moines, puis de la population, furent rapidement réprimées dans le
sang ; en mai 2008, les millions de personnes affectées par le cyclone
Nargis ont été abandonnées à elles-mêmes ; quant à la prix Nobel de la
paix Aung San Suu Kyi, elle a été déjà emprisonnée arbitrairement
pendant plus de 13 ans sur les 19 dernières années. La situation de la
population birmane est catastrophique, tous les indicateurs de
développement et sanitaires étant au rouge. Le régime au pouvoir
préfère utiliser les gigantesques revenus de l'exploitation des
ressources naturelles pour l'achat d'armes, plutôt que pour soulager
les souffrances du peuple biman : le budget d'armement représente
jusqu'à la moitié des dépenses publiques en Birmanie, contre 0,4 %
pour la santé.

Une des filiales de la compagnie chinoise Dongfeng a fournit 900
camions militaires à la Birmanie dans la première moitié de 2008. Le
comité d’éthique du fonds de pension public norvégien suppose que ces
livraisons de matériels militaires sont toujours en cours et qu’il y
en aura d’autres à l’avenir, en complément des véhicules déjà livrés.
L’Union européenne et les Etats-Unis ont imposé tous les deux un
embargo sur les armes à la Birmanie. Ces embargos interdisent
également l’exportation de camions militaires à la Birmanie. En
livrant des armes à la Birmanie, Dongfeng renforce donc un régime qui
emploie environ 3 000 esclaves pour la construction des
infrastructures et le transport du matériel militaire, et maintient
plus de 10 000 membres de l’opposition démocratique en prison (dont
une partie est torturée). La junte birmane commet des atrocités contre
les populations civiles, incluant des exactions telles que viols et
exécutions sommaires, notamment contre les minorités ethniques. C'est
pourquoi le fonds de pension du gouvernement norvégien a exclut
Dongfeng de son univers d'investissement début 2009.

Malgré cela, le Crédit Agricole détient ou gère pour compte de tiers
des actions dans l'entreprise Dongfeng pour un montant de 8,9 millions
de dollars. Rien ne lui permet d'affirmer concrètement que cet
investissement ne participe pas à des activités qui violent les droits
humains.



Pour en savoir plus :

- Site « Secrets bancaires » : http://www.secretsbancaires.fr

- Communiqué du fonds de pension du gouvernement norvégien sur
l'exclusion de Dongfeng (en anglais) : Dongfeng excluded from
Government Pension Fund



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MICHELIN

La destruction de communautés locales par une plantation d'hévéa (Nigeria)


En mai 2007, la filiale nigériane du groupe français Michelin, un des
plus gros producteurs au monde de pneumatiques, se voit octroyée par
les autorités nigérianes 3 500 hectares de terrain dans la réserve
forestière d'Iguobuzuwa située dans l'Etat d'Edo, dans le delta du
Niger ; une zone très riche en termes de biodiversité animale et
végétale, et où vivent 11 communautés très dépendantes de leur
environnement naturel au quotidien. En décembre 2007, les bulldozers
de l'entreprise rasent la forêt et les cultures des communautés
locales, avant de commencer en mai 2008 une plantation intensive
d'hévéas à des fins de production de caoutchouc destinée à rentrer
dans la fabrication des pneus Michelin.

Un an plus tard, en plus de la destruction environnementale, les
impacts humains de la plantation sont catastrophiques. Sur le plan
socio-économique, les communautés villageoises se retrouvent dans
l'impossibilité de subvenir à leurs besoins, avec pour résultat un
appauvrissement et une baisse de la qualité de leur alimentation,
tandis que d'autres sont obligés de quitter la région pour chercher
des emplois et ainsi subvenir aux besoins de leur famille : les
quelques rares emplois non-qualifiés proposés par Michelin sont
confiés à des habitants de régions plus éloignées, qui sont amenés
tous les jours par les camions de l'entreprise. La santé des habitants
s'en ressent également directement, car les plantes de la forêt
tropicale avaient jusqu'alors toujours servi de réserves médicinales
pour les habitants. Sur le plan culturel, l'arrivée de l'entreprise a
engendré des tensions importantes entre les aînés traditionnellement
détenteurs du pouvoir ; de nombreux autres conflits s'en trouvent de
ce fait non-résolus. Les problèmes sociaux ont également empiré avec
l'apparition de la violence et de la consommation d'alcool, résultant
de la désorganisation des modes de vie traditionnels de ces
communautés. Non seulement les promesses de développement n'ont pas
été tenues, mais l'arrivée de Michelin a ainsiengendré de graves
impacts négatifs pour ces communautés.

Pour une femme de la communauté d'Aifesoba, « Michelin a détruit nos
terres agricoles. Je me sens blessée par leurs actions. Les cultures
fournissaient de la nourriture pour nos familles. (…) Nous voulons
qu'ils paient pour nos terres et nos plantations. (…) Nous voulons
récupérer notre terre. Nos vies en dépendent. Nous sommes désormais
sans travail (…). ». Ce cas est particulièrement illustratif des
conséquences locales très négatives des projets de plantations
intensives, de plus en plus nombreux dans les zones tropicales, au
seul bénéfice des multinationales qui les développent et des pays
riches qui profitent des ressources ainsi exportées.

Face à cette situation, la résistance des communautés locales, et
notamment des femmes, n'a cessé d'amplifier depuis deux ans. Michelin,
pour sa part, n'a apporté que de maigres promesses de compensation à
deux communautés, jugées très insuffisantes au regard des préjudices
subis. Interrogée à ce sujet par les Amis de la Terre, la maison-mère
française de Michelin réfute quant à elle toute responsabilité,
arguant qu'elle n'est qu'un simple actionnaire à 20 % de la société
exploitante des plantations, la Société internationale de plantations
d'hévéas (SIPH). La SIPH affirme cependant dans son rapport annuel
2008 qu'elle revend la plus grosse partie de sa production à Michelin,
son premier client avec 43 % des ventes en 2008. En outre, un membre
de Michelin siège de façon permanente au sein de son Conseil
d'administration, où il dispose donc d'un pouvoir de décision
important en tant que représentant du deuxième actionnaire du groupe.
Enfin, Michelin remplit également une mission d'assistance technique
au Nigeria sur les plantations d'hévéa de la SIPH.



Pour en savoir plus :

- Rapport « Women raise their voices against tree plantations »,
Friends of the Earth International / Word Rainforest Movement, mars
2009 : http://www.wrm.org.uy/subjects/women/fullreport.pdf

- Vidéo « Women raise their voices against tree plantations » :
http://www.wrm.org.uy/Videos/Women_Voices.html

- Le site de la Société internationale de plantations d'hévéas (SIPH)
: http://www.siph.com/


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PERENCO

L'exploitation pétrolière au Pérou au mépris des populations
autochtones, dans un climat très tendu

Début juin 2009, à Bagua au Pérou les communautés indiennes s'opposent
depuis plusieurs semaines déjà à un projet de loi visant à autoriser
les compagnies pétrolières à exploiter des gisements pétroliers
découverts sur leurs terres. Leurs manifestations sont réprimées dans
le sang par les forces policières et tournent au massacre général.
Bilan : au moins 12 morts parmi les Indiens et 23 parmi les policiers,
sans compter les blessés. Dans l'Equateur voisin, l'exploitation
pétrolière a déjà eu des conséquences environnementales et sanitaires
dramatiques dans ces zones de forêts vierges jusqu'alors relativement
préservées.

Début septembre, alors qu'aucun pas n'a encore été fait par les
autorités pour rétablir le dialogue avec les communautés indiennes et
tenter de répondre à leurs craintes, l'organisation nationale des
Indiens d'Amazonie péruvienne (AIDESEP) porte plainte devant la Cour
constitutionnelle pour tenter de stopper un projet pétrolier conduit
par la multinationale franco-britannique Perenco. Cette dernière a
annoncé vouloir investir 2 milliards de dollars dans l'exploitation
d'un gisement de pétrole de 300 millions de barils situé en pleine
zone forestière, engendrant le percement d'une centaine de puits. Mais
elle conteste la présence de communautés indiennes isolées sur la
concession qui lui a été octroyée par les autorités péruviennes.

Selon l'ONG Survival International cependant, se basant sur une
enquête du quotidien anglais The Guardian, Perenco a dissimulé les
preuves de l'existence de trois tribus isolées. En parallèle, les
Nations unies ont recommandé début septembre au gouvernement du Pérou
de mettre fin à tous les projets d'exploitation pétrolière sans le «
consentement informé » des habitants de la forêt amazonienne. Le
président péruvien lui-même, M. Garcia, a déjà reconnu publiquement
avoir négligé de consulter les Indiens en bonne et due forme sur les
concessions accordées. Mais Perenco ne semble pas prête à en tenir
compte, malgré la situation extrêmement tendue suite au massacre.


Pour en savoir plus :

- Survival International, « Les indiens isolés ont besoin de vous » :
www.survivalfrance.org/peuples/indiensisoles

- Survival International, communiqués de presse sur la situation au
Pérou : www.survivalfrance.org/actu/pays/perou

- The Guardian, vidéo « The fight for the Peruvian forest » :
www.guardian.co.uk/environment/video/2009/jul/03/peru-rainforest

- The Guardian, « Rumble in the jungle », 04/07/2009 :
www.guardian.co.uk/environment/2009/jul/04/peru-amazon-rainforest-conservation/print

- Le site de Perenco :
www.perenco.com/149-Perenco-Non+contacted+tribe+claim+.html


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BOLLORE

Exploitation de salariés dans les plantations d'huile de palme (Cameroun)

Au Cameroun la Société camerounaise des palmeraies (SOCAPALM), détenue
à près de 40 % par le groupe français Bolloré depuis sa privatisation
en 2000, gère plusieurs plantations de palmiers à huile. Dans une de
ces gigantesques plantations d'une superficie de 9000 hectares, à
Kienké, au sud-ouest du pays, la SOCAPALM emploie plusieurs milliers
de personnes pour la coupe, la récolte et le transport des régimes.

Les conditions de travail de ces ouvriers ont été décrites par
plusieurs journalistes qui ont enquêté sur place comme proches de
l'esclavage. Les hommes y travaillent six jours par semaine, parfois
sans aucune protection malgré la dangerosité de ce travail très
physique, ni aucune protection sociale. Les salaires de misère restent
parfois impayés pendant plusieurs mois par les sous-traitants chargés
de les recruter, ce qui décourage ceux qui veulent récupérer leur dû.
Les droits syndicaux ne sont pas non plus respectés : un leader
syndical qui opposait une résistance à ces conditions dégradantes a
même été arrêté avant de subir des menaces de mort . Outre leur
travail, les ouvriers sont aussi contraints de vivre dans des
conditions inhumaines, dans un campement surpeuplé sans eau, ni
sanitaires, et quelques heures seulement d'électricité par jour,
tandis qu'aucune demande d'amélioration de ces conditions n'a jamais
abouti. Pour les populations environnantes enfin, majoritairement des
pygmées au mode de vie traditionnel, les impacts de la plantation de
Kienké sont considérables : expropriation de leurs terres ancestrales,
destruction irréversible de la forêt dont ils tirent leur subsistance,
pollution des cours d'eaux par des produits chimiques...

Ce cas est révélateur des conséquences désastreuses des plantations
d'huile de palme, énormément consommée dans les produits alimentaires
ou cosmétiques consommés dans les pays industrialisés, mais dont les
impacts sociaux et environnementaux sont considérables dans les pays
du Sud.


Pour en savoir plus :

- Libération, Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré,
11/03/2008 : www.liberation.fr/economie/010176109-les-camerounais-exploites-des-palmeraies-de-bollore

- Le Monde Diplomatique, Bolloré au Cameroun, un bilan en images,
http://blog.mondediplo.net/2009-06-16-Bollore-au-Cameroun-un-bilan-en-images

- Le Monde Diplomatique, Port, rail, plantations : le triste bilan de
Bolloré au Cameroun, avril 2004 :
www.monde-diplomatique.fr/2009/04/DELTOMBE/17037

- Site des Amis de la Terre, Huile de palme : un ingrédient discret
qui détruit les forêts :
www.amisdelaterre.org/-Huile-de-palme-un-ingredient-.html

09.11.2009

"Une agence éthique en publicité: Un concept d'avenir mieux adapté aux marques classiques et aux causes éthiques?"

Cette thèse a été rédigée pour l'ESSEC la Défense et présentée en 2007.
Elle a été réalisée sur base de plus d'une centaine d'entretiens internationaux avec les acteurs référents tant dans le secteur des médias, de la publicité/communication, que dans celui éthique (tiers secteur, micro crédit, développement durable, commerce équitable, ONG, socialbusiness etc), et parallèlement par la réalisation de campagnes de publicité et de communication sur ces sujets afin d'en vérifier la pertinence des observations.

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Introduction & Conclusion (extraits de thèse)
La notion d’éthique a gagné ces dernières années de plus en plus de secteurs de notre société comme de notre vie, du supermarché jusqu’aux marchés financiers. L’éthique devient aujourd’hui un argument marketing que se disputent les produits comme les entreprises pour séduire leurs cibles, devenues pensantes, en quête de sécurité comme de sens.
Aujourd’hui, le nombre comme la diversité d’ entreprises éthiques (ONG , commerce équitable, développement durable,…) ne leur permettent plus de se différencier au seul titre de leur activité ou de leur nom. Dans un monde où la concurrence atteint tout le monde, où ces sociétés doivent se démarquer entre elles en en appelant au marketing et à la communication, le poids des médias et de la publicité se révèle depuis un allié de plus en plus crucial et incontournable.
Entre-elles, à l’image de n’importe quelle entreprise, elles se mènent une lutte fratricide inévitable pour les dons ou les subsides, pour le recrutement de bénévoles, pour les partenariats de solidarité avec les grands groupes, pour l’accès aux médias à coups d’actions spectaculaires (Greenpeace, enfants de Don Quichotte, Téléthon,…), pour obtenir des défiscalisations à leurs « bienfaiteurs »,… car il n’y aura pas de place ni de pouvoir d’achat pour tout le monde.
Aussi dur et injuste que ce soit, la situation pourrait presque se résumer aux choix auxquels sont confrontés les gens maintenant : entre offrir un bol de riz avec X ou une jambe de bois avec Y, et quand bien même, il y aurait encore un choix a opérer dans la concurrence entre divers bols de riz ou prothèses de jambes.
Ce nouveau « marché de l’éthique », bien que ses acteurs soient encore réticents à être considérés comme des « marques » n’a pas d’autre alternative que d’en suivre les règles pour exister, se développer, atteindre ses objectifs solidaires avec l'efficacité médiatique idoine et sortir enfin de l'ombre minimaliste d'une simple notoriété au travers de cookies vendus par des scouts.

De ce fait, le rôle de la publicité devient prépondérant pour eux, leur permettant d’afficher une identité propre par le développement d’une image et d ‘un message distinctifs traduisant leurs fonctions, actions et aspirations assortie d’ une mass médiatisation importante pour la divulguer au plus grand nombre.
Compte tenu au sein des agences de publicité, de la présence de clients traditionnels aux intérêts à priori antinomiques avec ces clients « éthiques », la question d'une agence appropriée d’un nouveau genre ou d'une entité, répondant aux mêmes exigences éthiques, travaillant dans un état d’esprit similaire et dévouée à ce type de marché , peut se poser.
La présente étude devrait permettre de vérifier et / ou analyser:
-) l’existence d’un « marché de l’éthique » émergent,
-) l’évolution et le poids des consommateurs « éthiques »,
-) la possibilité d’un marché pour une agence de publicité éthique/une entité éthique,
-) l’importance du rôle de la communication pour ce type de clients qui hésitent souvent à y investir des moyens même modestes,
-) la « value proposition » et les caractéristiques d’une telle structure par rapport aux agences publicitaires habituelles.

Ce mémoire se déclinera en 3 parties et s’emploiera à développer les hypothèses suivantes :

1. Si, l’évolution du consommateur acteur pousse à l’émergence d’un nouveau marché, infléchissant les courbes, les règles de fonctionnement et les tendances du secteur marchand traditionnel et de ses entreprises, en les obligeant à une profonde remise en question ; comment le secteur des agences publicitaires pourrait-il être exempt de ce mouvement aussi citoyen que boursier ? Si sous la pression de l’opinion publique entre autres, les entreprises s’impliquent de plus en plus dans le champ de la solidarité et de l’éthique (car ce dernier est investi d’associations qui ont des marques fortes), pourquoi les agences (entreprises comme les autres) ne devraient-elles pas suivre ?.
Pourquoi et comment ce partenariat entreprise – marque éthique, peut participer d’une stratégie : les marques éthiques, à l’image des associations, sont des marques star pour l’entreprise qui bénéficie ainsi en terme d’image, de notoriété, de caution et de gains économiques. Si le capital sympathie des acteurs du marché éthique auprès du public peut bénéficier à leurs partenaires, comment leur utilisation à des fins de coups médiatiques sans lendemain par ces derniers, dont les agences de pub, peut se retourner contre eux aujourd’hui ? Si les entreprises travaillant avec ce secteur éthique sont contraintes d’évoluer vers une réelle politique éthique à 360°, comment les agences de pub pourraient-elles continuer à les utiliser sans cohérence, ayant des clients rémunérateurs aux intérêts opposés, sans en subir, elles aussi, des sanctions consuméristes, médiatiques ou financières ?
2. Si le marché de l’Ethique fait de plus en plus salle comble auprès du public, hier, le secteur privé comme les financiers ne prêtaient pas de grande considération à ce qu’ils estimaient un petit marché de niche, sous-estimant son impact sur le consommateur. Les agences de publicité, pour la plupart, regardent encore aujourd’hui ces marques éthiques avec le même mépris : « Cela ne rapporte rien, ils n’ont pas d’argent, ça n’intéresse pas grand monde, c’est moche et cher, c’est un marché sans avenir ». Nous démontrerons l’ampleur de ce marché et la mutation profonde opérée par le consommateur comme par les autres entreprises, qui prouvent que non seulement c’est rentable mais incontournable, qu’un marché de l’Ethique avec de vrais clients se dessine et qu’une agence/entité éthique leur étant dévouée pourrait rencontrer une clientèle importante et rémunératrice. Car, si ce secteur est en pleine expansion, la concurrence existe donc là aussi, tout comme les contraintes d’objectifs à remplir, de notoriété et de différentiation pour apparaître sans disparaître auprès des consommateurs, d’où des impératifs d’investissements nouveaux, inévitables pour eux dans la communication et la publicité. Si ce marché est prêt, qu’en est-il de celui des agences (analyses) ?
3. Les scandales, les affaires, la mondialisation, le terrorisme et surtout le tsunami semblent avoir été des accélérateurs du choix : de marques star associatives par les entreprises, du succès du bio, du commerce équitable, du développement durable, des lovemarks éthiques,…, et de thèmes de solidarité par les consommateurs, demandeurs d’une autre publicité, plus impactante, sensée, intelligente et éthique sur ces thèmes. En quoi l’audimat, la télé réalité, les moyens de télécommunications et l’évolution des goûts du téléspectateur pour le sensationnalisme et les reportages, justifient-ils l’importance stratégique de faire de la communication pour ce tiers secteur? Si les agences publicitaires pour la majorité, ne répondent en rien à ces nouveaux critères d’éthique et de responsabilité sociale imposés par le public et toute la société, sous la menace du pouvoir d’achat et du bouche à oreille « Internet-ational », à quoi devrait ressembler une agence éthique faisant preuve d’une politique globale et cohérente dans cet esprit ? Quels avantages et risques pour des marques éthiques (traditionnelles comme socialbusiness et ONG) à faire confiance à une agence dans les mêmes valeurs qu’elles, contre rémunération équitable, par rapport à une agence classique aux tarifs allant jusqu’à la pseudo gratuité ?
Aussi, le thème vendeur pour l’avenir semble être « les urgences humanitaires ».
La méthodologie utilisée pour ce faire se fondera sur une recherche théorique comme pratique. La première partie sera constituée d’informations issues de journaux, magazines, de livres, et de travaux d’organisations. La seconde résultera de conférences, de séminaires (Ethical fashion show, Responsible Act,…), et d’entretiens avec les patrons, les responsables de la communication ou du marketing des différents champs (1) agences de publicité, 2) clients éthiques (marques traditionnelles au positionnement différent/ex. DanoneCommunities; marques éthiques du tiers secteur, ONG,...)) soumis à un questionnaire qualitatif titré : « Enquête afin de définir les enjeux, buts et moyens de la communication publicitaire sur les secteurs et clients éthiques ».
Ce mémoire ne pouvait aboutir sans une démarche cohérente, qui se décline comme suit:
-) Observation participante à des Séminaires sur l’Ethique, son marché, sa communication et l’évolution nécessaire des agences de publicité
-) Entretien semi - directif en face à face généralement (ou internet, téléphone) via un questionnaire qualitatif,
-) Ou en discussions de groupe et rencontres de façon informelle avec les intervenants de conférences.
-) Mes expériences en CDI et en freelances en agences de publicité/conseil, sur des clients éthiques comme Copacel (sur le débat du papier recyclable ou déforestant), LES PETITS FRÈRES DES PAUVRES, la FHF ( Fédération des Hôpitaux de France sur le problème des violences faites au personnel hospitalier), l'INPES TABAC, lutte contre le tabagisme, FOE Canada, GREENPEACE, COURRIER INTERNATIONAL, etc, qui m’ont permis d’être en contact avec des professionnels des théories que j’aborde quant au marques éthiques, leurs attentes, leurs différences, leurs besoins, le poids des consommateurs croissant dans tout ce qui touche au boom des clients éthiques comme au marché privé des entreprises les contraignant à changer, et l’attente d’une autre publicité, d’une autre vision et façon de travailler plus proactive, impliquée et « courte ». Cela m’a donné la possibilité de vérifier l’émergence de ce marché, de clients éthiques demandeurs de publicité et de la possibilité de se faire rémunérer équitablement par ces derniers, entre autres avec un modèle vertical cf TBWA NON PROFIT.

Les conclusions de cette thèse tenteront de démontrer la nécessité pour ce « marché de l’éthique », entre pressions de l’audimat et évolutions cathodiques du public, de faire de la publicité très médiatisée de façon classique, de réfléchir à de nouvelles formes publicitaires, et à l’importance, pour eux, de préférer une agence/entité « éthique », en la rémunérant honnêtement, à la gratuité ou presque d’ une agence classique.

Quelques Chiffres en 2007:
‡ 15% du PIB en France = Le secteur non-marchand
‡ 1,7 million de salariés pour 760 000 organisations
‡ 1600 Md de $ = budget total des ONG fin 90 = 5è plus grande économie du Monde
‡ 700 M € de budget =les Organisations de solidarité internationales en 2001
‡ 440 M € =ressources privées en 2001(227M en 1991)
‡ 77,4% des ressources totales = récoltées par les 20 premières ONG en 2001
‡ 150 millions € =CA commerce équitable en France
‡ 73% des Français achètent régulièrement de l’ équitable
‡ 70 millions €= CA Max Havelaar x 2 de 2003 à 2004
‡ 18% des entreprises de plus de 200 salariés font du mécénat
‡ 53% des entreprises mécènes sont des PME
‡ 57% des entreprises mécènes sont implantées en province
‡ 1 milliard € consacré au mécénat d’entreprise en 2005
‡ 72% du budget global du mécénat émane du secteur des services
‡ 31% du budget global provient des PME
‡ 66% des entreprises mécènes soutiennent le domaine de la solidarité
‡ 52% des entreprises mécènes interviennent dans le domaine de la culture
‡ 31% des entreprises mécènes pratiquent le mécénat de compétences
‡ 55% des entreprises mécènes bénéficient au titre de 2005 de la réduction d’impôt
‡ Budget global du secteur associatif : 35 milliards €
‡- 300 ONG jouissent d’un statut consultatif auprès des Nations unies (en 2001)
‡ La CEE cofinançait 519 ONG des Etats membres (en 2001)
‡ Subvention de l’Union Européenne pour les organisations dans l’UE : 108 millions € entre 1976 et 1983
‡ Budget total de MSF : 18,5 millions d' €en 1985
‡ Le financement des ONG peut dépendre jusqu’à 90% des dons du public (ex : Médecins du Monde)



CONCLUSIONS

Parmi les hypothèses et questions soulevées lors de cette thèse afin de vérifier l’opportunité d’une agence/entité éthique en publicité dévouée à ce secteur éthique, il fallait tout d’abord s’assurer de la réalité de ce marché et de sa rentabilité.
Non seulement nous avons vérifié qu’il représentait 15% du PIB en France, que son chiffre d’affaire selon le Times concurrencerait même les ventes d’alcool et de tabac, mais en outre qu’il était très diversifié en termes d’horizontalité, que l ‘offre était loin de rejoindre la demande et que le sens de la consommation confirmerait bien qu’il soit loin de s’agir là d’un épiphénomène.
(...)
... Mais l’essence de cette agence et de pourquoi y adhérer, s’inscrit dans le même raisonnement que celui qui a bouleversé le consommateur prescripteur de ces marques éthiques : tout simplement parce que nous partagerions les mêmes valeurs, une même vision d’une alter consommation comme d’une alter communication plus basée sur du partenariat que de l'assistanat et sur la réalisation d'objectifs communs avec des préoccupations se rejoignant de plus en plus, et que l’on avance mieux quand on va dans le même sens.